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Les Suisses plébiscitent les horaires flexibles

Thursday 8 April 2010 / Pierre-yves Frei

Les employeurs constatent que leurs collaborateurs travaillant à temps partiel sont généralement plus productifs que les autres.

Métro, boulot, dodo: la formule serait-elle en voie de disparition? Aujourd'hui, c'est plus volontiers boulot, dodo, dodo, métro, dodo, boulot, et on passe toutes les combinaisons possibles. Bref, en matière de travail, c'est de plus en plus du taillé sur mesure; enfin, dans la mesure du possible, bien évidemment.

Cette évolution des choses convient particulièrement bien aux Helvètes. C'est en tout cas ce qui ressort d'une étude publiée la semaine dernière par l'Université de Zurich et l'Ecole polytechnique de la même ville. Les conclusions sont sans appel: les Suisses aiment les horaires flexibles et le temps partiel. Mais ils émettent tout de même quelques réserves. Ainsi ils n'apprécient guère les réductions d'horaire quand elles leur sont imposées, comme dans le cas du chômage partiel. Ils éprouvent également un goût plus que modéré pour le travail par rotation. Or, selon l'enquête zurichoise, ils sont tout de même 17% à être soumis soit à des rotations, soit à des mesures de chômage partiel, soit encore à des contrats de travail à durée déterminée.

Vive le boulot à la maison!

Sans surprise, les personnes qui vivent sous l'un de ces trois régimes ont déclaré vivre dans l'insécurité et souvent envisager de démissionner. C'est tout le contraire pour ceux qui sont satisfaits de la souplesse de leurs horaires, puisqu'ils se révèlent plus loyaux envers leur employeur.

Il n'y a pas que les horaires flexibles que les travailleurs helvétiques appellent de leurs voeux. Ils confient également une affection toute particulière pour le travail à domicile. Deux tiers d'entre eux aimeraient y avoir droit. Mais, entre les désirs et la réalité, il existe parfois un fossé béant, puisque seulement un cinquième des Suisses jouissent de ce privilège. Tout comme dans le cas du travail partiel, les employés bénéficiant du travail à domicile auraient moins tendance à vouloir quitter leur entreprise.

Le travail à temps partiel est en constante augmentation en Suisse depuis trente ans. Son succès doit beaucoup à des raisons familiales, et les femmes, par choix ou par contrainte, y ont plus souvent recours que les hommes. Plus de 45% d'entre elles travaillent à temps partiel. Le modèle traditionnel de la répartition du travail a la vie dure. Les mères s'occupent des enfants et recourent au temps partiel, tandis qu'une majorité des pères privilégient le temps complet.

Reste que les mutations profondes que connaît la famille brouillent cette image d'Epinal. Les hommes sont toujours plus nombreux à opter pour le temps partiel, désireux de rééquilibrer vie professionnelle et vie privée.

Les cadres l'adoptent également de plus en plus fréquemment. Au reste, il semble que les personnes de 35-40 ans – l'âge où l'on remet souvent en question quelques grands credo – soient plus demandeuses que les autres, comme si l'on réalisait alors que l'argent n'est pas tout. Les cadres helvétiques seraient aujourd'hui plus d'un sur cinq à pratiquer ces horaires flexibles. Nombre d'entreprises ont décidé de laisser ce choix à leurs employés. Moins par grandeur d'âme qu'après avoir constaté que les salariés au bénéfice de ce régime montraient une productivité plus importante que les autres, dont l'un des indicateurs est une chute de l'absentéisme.